La voix du peuple, le tempo de l’Histoire : Al Souaré

Magazine Culturel SOLANO
18 janvier 2026
Il y a des voix qui marquent les esprits et traversent le temps. Le 17 janvier 2026, au cœur du Stade Général Lansana Conté de Nongo, celle d’Al Souaré a résonné bien au-delà des micros et des enceintes. Ce jour-là, alors que la Guinée vivait l’un des moments les plus solennels de son histoire récente avec l’investiture du Président élu Mamadi Doumbouya, une autre histoire s’écrivait en filigrane : celle d’une cérémonie portée par la puissance de la culture et le souffle de l’art.
Dès les premières minutes, le stade s’est transformé en une immense scène à ciel ouvert. Sous la coordination de la Direction de la Communication et de l’Information (DCI), un spectacle d’envergure exceptionnelle a pris forme. Près de trois heures de performances, 64 artistes, des tableaux soigneusement enchaînés, une énergie constante : un défi colossal que seul un chef d’orchestre aguerri pouvait relever. Al Souaré en a été l’architecte sonore et le guide.
Avec une voix posée, maîtrisée, presque magnétique, il a su maintenir le rythme, canaliser l’émotion collective et donner une âme à cette ouverture artistique hors normes. Chaque transition, chaque annonce, chaque silence même, participait à l’équilibre d’un moment suspendu entre solennité républicaine et ferveur populaire.
Lorsque vint le temps de la cérémonie officielle, Al Souaré céda la scène avec élégance à Salematou Sacko, assurant une continuité fluide entre l’expression culturelle et le protocole institutionnel. Une passation maîtrisée, à l’image de l’événement : sobre, respectueuse et profondément symbolique.
Mais le Maestro n’avait pas encore dit son dernier mot. Plus tard, dans l’atmosphère feutrée du banquet présidentiel, réservé au Président élu, à sa famille et aux invités de marque, Al Souaré reprit les commandes artistiques. Cette fois, il s’agissait d’orchestrer l’excellence. Sur scène se sont succédé des légendes de la musique africaine et internationale : Youssou N’Dour, Oumou Sangaré, Viviane Chidid, Sona Tata, Fodé Baro, accompagnés de Sidiki Diabaté, Yama Sega, Kandia Kora, et bien d’autres figures emblématiques.
Dans ce cadre intimiste mais exigeant, chaque note, chaque voix, chaque entrée sur scène était pensée comme un hommage à la culture africaine et à l’unité des peuples. Al Souaré y a démontré toute l’étendue de son talent : celui d’un passeur d’émotions, capable d’adapter son art aux plus hauts standards internationaux.
En imprimant sa marque sur cette journée historique, Al Souaré n’a pas seulement animé une investiture présidentielle. Il a rappelé que la culture est un langage universel, un pilier de l’identité nationale et un vecteur puissant de cohésion. Une performance saluée par les acteurs culturels comme par les institutions, consacrant définitivement sa place parmi les grandes figures de la scène événementielle africaine.
