La tribune de sekou robert sur 𝐋𝐚 𝐜𝐫𝐢𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐢𝐪𝐮𝐢𝐝𝐢𝐭𝐞́ 𝐞𝐧 𝐆𝐮𝐢𝐧𝐞́𝐞.

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La crise de liquidité en Guinée n’est pas une fatalité, c’est le symptôme d’un système qui tourne à vide, coincé entre des pratiques archaïques et une transition technologique mal orchestrée.

Pour sortir de cette impasse, il faut briser le cycle de la méfiance et moderniser de force, mais avec intelligence, notre rapport à l’argent.

Pour retrouver notre souveraineté monétaire voici une analyse stratégique et des solutions concrètes, mais aux âmes sensibles s’abstenir, Parcequ’ici tout le monde est concerné.

1. La Crise de Confiance :

Le premier facteur de pénurie est psychologique. Le commerçant guinéen, pilier de l’économie réelle, thésaurise (garde l’argent sous le matelas) parce qu’il redoute l’instabilité et perçoit l’État comme un prédateur fiscal plutôt qu’un partenaire.

L’État doit instaurer une amnistie de bancarisation. Permettre aux acteurs du secteur informel de déposer leurs liquidités sans harcèlement fiscal immédiat, en échange d’une formalisation progressive. Sans cette garantie, l’argent restera dans les coffres-forts privés, loin des circuits bancaires.

2. L’alibi du Changement de Billets (stratégie )

La 𝐁𝐂𝐑𝐆 (Banque Centrale) doit cesser de naviguer à vue. Le changement de billets ne doit pas être un simple ravalement de façade, mais un outil de capture de la masse monétaire.

En annonçant un retrait imminent des anciennes coupures, la BCRG force les détenteurs de gros capitaux à sortir le cash de l’ombre pour l’échanger.
C’est le moment idéal pour injecter massivement ces flux vers des comptes de monnaie électronique d’État. Au lieu de redonner du papier, la BCRG devrait créditer des portefeuilles numériques, forçant ainsi l’éducation monétaire par la pratique.

3. Le Procès de l’Incivisme : Commerçants et Stations-Services

Il est inadmissible qu’en 2026, 80 % de nos commerçants et stations-services rejettent le paiement mobile. Ce refus n’est pas technique, il est antipatriotique. En exigeant le « cash », ils alimentent le marché noir, facilitent la corruption et bloquent la fluidité économique du pays.

Refuser un paiement électronique alors que la liquidité manque, c’est saboter l’économie nationale pour un gain personnel immédiat.
L’État doit passer de la sensibilisation à la contrainte. Une station-service qui refuse un paiement mobile alors que ses terminaux sont fonctionnels devrait s’exposer à une suspension de licence. Le civisme monétaire n’est pas une option, c’est un devoir.

4. Les Prédateurs du Numérique : Le Ras-le-bol des Frais

On ne peut pas demander au citoyen lambda d’adopter la monnaie électronique si les opérateurs (Orange Money, Mobile Money, PayCard , Kulu , Lingopay etc.) se comportent en usuriers.

J’ai effectué un calcul que j’appelle le Calcul de la Honte : 𝐏𝐚𝐲𝐞𝐫 𝟏 𝟓𝟎𝟎 𝐅𝐆 (𝐟𝐫𝐚𝐢𝐬 𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐭𝐫𝐚𝐢𝐭 + 𝐭𝐫𝐚𝐢𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭) 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐬𝐞𝐮𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝟓𝟎 𝟎𝟎𝟎 𝐅𝐆 est une aberration économique. C’est une taxe sur la pauvreté.

La régulation doit plafonner drastiquement les frais de micro-transactions. La monnaie électronique doit être moins chère que la manipulation du cash pour être attractive. L’intérêt des opérateurs doit passer par le volume des transactions, pas par l’asphyxie de l’utilisateur.

𝐏𝐨𝐮𝐫 𝐟𝐢𝐧𝐢𝐫 𝐥’𝐄𝐭𝐚𝐭 : 𝐋’𝐄́𝐭𝐚𝐭 , 𝐋’𝐄𝐭𝐚𝐭 𝐣𝐞 𝐥’𝐚𝐢 𝐝𝐢𝐬 𝟑 𝐟𝐨𝐢𝐬 𝐧𝐨𝐧 .

𝐌𝐨𝐢𝐧𝐬 𝐝𝐞 « 𝐌𝐚𝐦𝐚𝐲𝐚𝐬 », 𝐏𝐥𝐮𝐬 𝐝𝐞 𝐃𝐚𝐭𝐚𝐬

L’État guinéen doit changer son fusil d’épaule en matière de communication :
Remplacer les budgets de communication consacrés aux événements festifs sans lendemain par des campagnes massives sur la sécurité du cryptage et les avantages du numérique (gain de temps, traçabilité, sécurité contre le vol).
Agissez avec Interopérabilité totale c’est à dire forcer les banques et les opérateurs mobiles à ce que l’argent puisse circuler de l’un à l’autre sans frais de « frontière » délirants.

Maintenant la Question qui Fâche

𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢, 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐞 𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐫 𝐠𝐥𝐢𝐬𝐬𝐞 𝐬𝐨𝐧 𝐞́𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐮𝐧𝐞 𝐩𝐮𝐜𝐞, 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐫𝐜̧𝐚𝐧𝐭 𝐠𝐮𝐢𝐧𝐞́𝐞𝐧 𝐬’𝐨𝐛𝐬𝐭𝐢𝐧𝐞-𝐭-𝐢𝐥 𝐚̀ 𝐯𝐨𝐮𝐥𝐨𝐢𝐫 𝐩𝐚𝐥𝐩𝐞𝐫 𝐝𝐮 𝐩𝐚𝐩𝐢𝐞𝐫 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐬𝐞 𝐬𝐞𝐧𝐭𝐢𝐫 𝐫𝐢𝐜𝐡𝐞 ?

Ce manque de patriotisme économique est le dernier verrou à faire sauter pour libérer notre croissance.

« Un pays qui thésaurise son argent sous ses matelas enterre son avenir ; un pays qui numérise sa monnaie libère son destin. »

𝐒𝐞𝐤𝐨𝐮 𝐑𝐨𝐛𝐞𝐫𝐭 𝐊𝐨𝐮𝐫𝐨𝐮𝐦𝐚

𝐃𝐆 𝐀𝐌 𝐆𝐫𝐨𝐮𝐩𝐞 / 𝐏𝐫𝐞𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭 𝐑𝐏𝐂 𝐀𝐟𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞, 𝐂𝐢𝐭𝐨𝐲𝐞𝐧 𝐆𝐮𝐢𝐧𝐞́𝐞𝐧

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